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La pilule

11 novembre 2013, 20 Minutes

La pilule aurait tué 14 femmes depuis 1991

Depuis 2009, cinq cas d'embolies pulmonaires fatales auraient été recensés, selon le «Tages-Anzeiger», alors que l'affaire de la jeune Céline continue de déchaîner les passions.

Céline avait 16 ans et était en parfaite santé. Mais quatre semaines après avoir commencé à prendre la pilule contraceptive Yasmin, fabriquée par le laboratoire suisse Bayer, elle subit une embolie pulmonaire, qui a gravement endommagé son cerveau. Cinq ans plus tard, la jeune fille, handicapée, est prisonnière de son corps.
En août 2013, sa famille décide de porter plainte contre le laboratoire qui fabrique la pilule, que les médecins ont considérée comme déclencheur de l'embolie. Elle a été rejetée la semaine dernière par le Tribunal de district de Zurich. Pis, la famille devra payer 120'000 francs de frais de justice. Cette dernière a fait appel auprès de la haute cour zurichoise, qui a accepté sa requête. Selon le «SonntagsBlick», la procédure sera gratuite.

Pas un cas isolé
Selon les recherches du «Tages-Anzeiger», entre 1991 et juin 2013, au moins 14 femmes sont mortes des suites d'une embolie provoquée par la pilule en Suisse. Cinq sont mortes depuis 2009, dont deux cette année. D'après Swissmedic, elles étaient âgées de 17 à 49 ans, 7 avaient moins de 30 ans. Dans neuf cas, un autre facteur de risque de thrombose veineuse ou d'embolie était présent, comme l'obésité, un long voyage en avion ou des antécédents familiaux.
Cinq de ces 14 décès ont touché des femmes à qui une pilule à base de drospirénone avait été prescrite. Les plus connues sont fabriquées par Bayer et s'appellent Yasmin, YAZ et Yasminelle. Elles sont commercialisées depuis 2002 et, en septembre 2012, étaient dans le top 10 des pilules les plus vendues en Suisse. Cette même année, elles ont rapporté plus d'un milliard de francs au groupe pharmaceutique.
Interrogé par le «Tagi», Bayer n'a pas voulu réagir à ces cinq décès. La pharma s'est bornée à dire que ces produits sont parmi les plus fiables et faciles d'utilisation pour éviter une grossesse non désirée et que les possibles effets secondaires sont clairement détaillés dans la notice.

Deux fois plus de risques
Pourtant, selon des études, les contraceptifs de troisième génération (contentant de la drospirénone) présentent deux fois plus de risques de thrombose veineuse que les plus anciennes. Il en va de même pour celles qui utilisent d'autres principes actifs comme le désogestrel ou le gestodène. Mais pour Bayer, le rapport risque-bénéfice restait favorable à une commercialisation.

Informer les médecins
Swissmedic confirme les risques plus élevés avec les pilules de troisième génération. Son porte-parole Lukas Jaggi souligne qu'une réelle prise de conscience a eu lieu ces dernières années. En août 2013, la Société suisse de gynécologie et d'obstétrique a notamment créé une nouvelle fiche d'information pour les médecins, leur demandant de mieux sensibiliser les femmes aux risques de la contraception hormonale.

voyez aussi:
•=> Alerte sur la pilule
=>• Libération: Nouveaux doutes sur la pilule
=>• Pilule contraceptive : Bayer dissimule le nombre des décès
=>• Yaz et Yasmin: plus d'effets secondaires graves que la génération précédente